Cantata Corsica (2000) - Choeur de Sartene

Au début, il y a la prière. Pour les richesses de nos jours ; puis ces voix que les vagues jettent sur nos rivages comme cet airain cent fois martelé. Et puis, il y a la tramontane, avec ses flûtes et ses hautbois dansant sur le ciel avec les quatuors de la nuit et aussi cette guitare qui enchante les murs de nos villages l'été venu et qui, sans cesse, égrène les arpèges de l'adolescence. Et la terre qui chante avec ce baryton sans âge au timbre de granit. Tout pourrait être serein, mais les hommes et leur cupidité s'en mêlent en invoquant le rêve pour mieux le trahir, les mois de mai des révolutions humaines n'ont pas toujours les fleurs qu'on demande.
Mais le rêve voyage toujours sur les épaules du vagabond tel un livre où manquerait la dernière page
Cette Cantate est née d'une époque triste (...) Lorsqu'en 1989-90, les frères tournent leurs armes contre leurs frères, écrire cette cantate affirme le refus de céder à la panique morale et intellectuelle qui saisit alors la Corse (...).  Bertrand Dicale